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Arsène WENGER


De Mutzig à Arsenal,
le parcours fabuleux
d’Arsène WENGER !

Entraineur d’Arsenal, mondialement connu, Arsène WENGER a débuté sa carrière à l’AS MUTZIG. Max HILD son entraineur à l’ASM, qui ne l’a plus quitté d’une semelle depuis, est le mieux placé pour nous parler de la fabuleuse trajectoire du grand Arsène. Voici son récit.

De la D2 départementale au CFA

"Arsène je l’ai vu la première fois à Obernai au cours d’un match du Challenge Marcel Laugel (Espoirs) que l’ASM a disputé contre Duttlenheim, son club.
J’ai dit à André Zimmermann, aujourd’hui toubib à Haguenau, de contacter ce grand garçon de 18 ans qui m’a fait bonne impression. Pas de problèmes, me dit André, je le vois à la fac tout les jours.
Arsène qui avait échappé à tous les sectionneurs de jeunes est donc venu à Mutzig, passant de la D2 départementale au CFA.
Ce n’était pas facile pour lui, il y avait une grande différence de rythme entre les deux compétitions. Il était tendu et nerveux avant son premier match contre Belfort, mais après un mois de travail et de matches il s’est imposé en milieu de terrain.
Il a ensuite été sélectionné en Equipe de France Universitaire... et repéré par le FC Mulhouse où il a joué deux ou trois saisons en D2, tout en conservant une licence amateur.
Après douez années passés à l’AS Mutzig, dont 7 comme entraineur, j’ai rejoint en 1974 l’ASP Vauban. Hubert Hausser ayant pris sa retraite, je me rendais compte qu’il y avait une lacune à combler au milieu de terrain. J’ai suggéré a Emile Stahl, le patron des Pierrots, de faire venir Arsène, qui était toujours amateur et pouvait quitter le FCM sans problème. On se retrouvait donc à nouveau sous le même maillot."

Sa venue au racing

"Le même scénario s’est joué en 1978 quand sollicité prendre la direction du centre de formation par le Racing, j’ai quitté l’ASPV.
Je me suis vite rendu compte qu’il manquait un stabilisateur au milieu de terrain des jeunes du Racing et j’ai demandé à Arsène de venir me rejoindre à temps complet à la Meinau."

Arsène ne voulait pas faire du football son métier

"Arsène m’a très vite fait comprendre que venir à temps complet au Racing n’était pas si simple que cela, il fallait qu’il en discute avec son père, parce qu’il devait prendre sa succession à la tête de l’entreprise familiale. Il ne voulais pas faire du football son métier.
J’ai d’ailleurs eu toutes les peines du monde à lui faire passer les premiers diplômes de moniteur et d’entraineur. Il a triuvé un accord avec papa, qui lui a concédé quelques années de sursis. Il pouvait donc au Racing, quand je faisais mes déplacements pour le recrutement des pros, me remplacer comme entraineur des jeunes du centre de formation. C’étaient ces premiers pas en tant qu’entraineur, un métier auquel il semblait prendre goût.
Il est vrai que durant nos déplacements pour voir des matches de Bundesliga, la référence en Europe à l’époque, nous avons eu des discutions sans fin et passionnées, sur la technique du foot, les tactiques, les systèmes de jeu. La passion du foot etait présente à tout instant dans ces échanges très fructueux pour lui et pour moi."

Il a croisé Gaby Robert et Aldo Platini sur sa route

"La rencontre à l’INF de Vichy avec Gaby Robert, instructeur national, était capitale.
Gaby Robert m’avait dit qu’il avait apprécié Arsène, un excellent élément, en me recommandant de tout faire pour qu’il revienne à l’INF passer tous les diplômes, parce qu’il voyait en lui un futur entraineur pro. Arsène s’est pris au jeu et quand je suis passé entraineur pro au Racing, c’est lui qui a pris la direction du centre de formation.
Un autre personnage qui a joué un rôle dans sa vie c’est Aldo Platini, le père de Michel, que nous avons souvent rencontré aux journées de détection des jeunes. Après un court passage au centre de formation de Cannes, c’est Aldo Platini qui l’a fait venir à l’AS Nancy_Lorraine comme entraineur de l’équipe pro de D1.
Après trois années passés à Nancy ce fut la consécration quand l’AS Monaco fit appel à lui pour entrainer l’équipe princière.
Il y est resté sept années, remportant un titre de champion, une coupe de France et jouant une finale de la coupe d’Europe des vainqueurs de coupe."

Il a rebondi à Nagoya au Japon avant d’aller à Arsenal

"Moralement il a été secoué, plus qu’il n’y parait, d’avoir dû quitter Monaco en avant terme. Mais il a eu très vite l’opportunité de rebondir au Japon, à Nagoya. Nulle part, me dit-il souvent, on ne peut mieux travailler qu’au Japon, où rigueur, discipline et respect mutuel signifient encore quelque chose.
Nagoya voulait le garder encore deux à trois saisons, mais entre temps David Dein, le vice-président d’Arsenal qu’il avait connu à Monaco, a fait des pieds et des mains pour qu’il vienne à Londres prendre la direction du célèbre club anglais. C’est ce qu’il fit avec le succès que l’on sait.
Avec le calme, le sang-froid, le flegme très britanique, Arsène est parfaitement à l’aise dans ce football anglais où il a atteint une cote d’amour incroyable.
Il manie parfaitement la langue de Shakespeare et s’est parfaitement adapté à sa nouvelle vie.
Champion de Premier League, vainqueur de la Cup, Arsenal veut garder "son" Arsène, dont la cote internationale est phénoménale, le plus longtemps possible.
Y restera-t-il encore longtemps ? Bien qu’on se téléphone chaque semaine, il ne me l’a pas révélé. Mais moi, Arsène, je le verrais bien à la tête d’un grand club italien ou espagnol, d’ici quelques années..."

Quel parcours !...

"Pouvait-on imaginer qu’Arsène WENGER fasse un tel parcours ?
C’est la question qu’on me pose souvent. Ma réponse est toujours la même : Bien sûr que non ! Ni lui, ni moi, ni personne d’autre n’aurait pu imaginer une trajectoire aussi fabuleuse de l’enfant de Duttlenheim et de Mutzig !"

Ses principales qualités pour en être arrivé là ?

"Sa passion du foot, son intelligence, son bon sens, son bagage universitaire et culturel...
Grâce à cela il possède la capacité de s’adapter à toutes les situations, de trouver des solutions à tous les problèmes qui se posent à lui.
Sa simplicité lui permet de rester toujours égal à lui même, dans la défaite comme dans la victoire qui ne lui fait jamais tourner la tête.
Une de ses plus grandes qualités c’est sa capacité d’analyse et de synthèse. Personne mieux que lui ne sait analyser le jeu et les joueurs. Il ne profite jamais de sa grande culture pour se mettre en avant, pour placer des "déclarations historiques". Ce n’est pas lui qui ira chercher un micro ou une caméra.
Il démontre à tout instant que la simplicité, l’humilité et l’intelligence sont des vertus cardinales pour réussir dans ke football d’aujourd’hui.
Même dans le football-buisness, les qualités humaines sont essentielles."



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